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Message du 03 Septembre 2005 à 16:23:40 J'ai eu la frousse... |

3 septembre -
Mischa vient de me causer une peur horrible. Elle venait de sortir sur le balcon à toute vitesse et j'ai voulu fermer la porte derrière elle. La première chose que j'ai vue: elle était sur la rampe. Je ne peux pas décrire le choc que cela m'a fait. J'ai tout de meme eu la présence d'esprit de ne rien brusquer, de demeurer dans la porte-fenetre et de l'appeler calmement. Me trompé-je ? À deux reprises j'ai eu l'impression qu'elle évaluait le danger qu'il y avait de sauter en bas. Pendant quelques secondes, elle aurait été tentée de sauter.
Les pensées les plus noires m'ont traversé l'esprit. Elle aurait pu se blesser gravement, avec fractures multiples et tout... Ou, une alternative non moins dramatique, elle se relevait et partait Dieu sait où. Son passé d'SDF m'a fait imaginer la difficulté possible de la retrouver.
Elle m'a regardé à plusieurs reprises mais elle était fermement décidée à terminer son aventure. Elle a fait toute la rampe de bout en bout avant de daigner sauter sur le balcon. Ce n'est qu'à ce moment que je suis sortie, pour la prendre dans mes bras et la ramener à l'intérieur.
Jusqu'à maintenant, je laissais les chats aller et venir à leur gré, la porte-fenetre ouverte. Ça faisait leur bonheur et le role de portière m'était exempté Je ne laisserai plus sortir Mischa sans moi, désormais. Kali non plus car elle a voulu sortir pendant le drame et a été témoin de l'audace de sa soeur; rien m'assure qu'elle ne serait pas tentée de l'imiter. Gaston ne sauterait jamais, lui. Je le laisserai donc sortir seul.
Je remercie le ciel qu'on soit début septembre. Le balcon sera pratiquement condamné dans trois mois, alors que si on était début juin la saison du balcon m'apparaitrait bien longue. 
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Message du 31 Août 2005 à 19:17:52 Les plaisirs de la routine... |

Il n'existe pas, je crois, d'animal plus routinier qu'un chat. Moins dans les premiers mois de leur existence, ils deviennent des passionnés de la routine avec les années. S'ils affectionnent un champ particulier, ils y vont toujours par le meme chemin et l'herbe est aplatie par leurs passages répétés. 
Mon ourson n'a pas le plaisir d'aller dans les champs. Son terrain de pratique pour la routine est notre appartement. Je crois qu'il est en train de laisser ses traces sur la moquette comme dans l'herbe. Une de ses manies quotidiennes: guetter le moment où je vais m'installer sur le divan pour regarder la télé. Il accourt s'asseoir à mes pieds et ses yeux turquoise vont me fixer jusqu'à ce que je lui signifie qu'il peut sauter sur mes genoux. Ça tourne au jeu parfois. Je me contente de le regarder et de lui faire un petit sourire. Il attend. Lassé, après quelques minutes il grimpe sur l'accoudoir et devient plus insistant, sa tete dans mon champ de vision qui m'empeche de voir l'écran de la télé. Je n'ai plus le choix de le prendre sur mes genoux. Il appuie ses pattes avant sur ma poitrine, et c'est le moment des calins, nos visages presque nez à nez. Je lui murmure des petits riens dans une oreille, puis dans l'autre, et il ronronne comme le moteur du plus gros transporteur. À ses yeux, ce rituel de plaisir aurait beaucoup moins de charme sans sa dernière étape: la visite à son écuelle histoire de vérifier qu'on ne voit pas le fond. 
Le jour où il décidera de ne plus se conformer à sa routine, c'est moi qui vais l'exiger.  
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